Ultima V: Warriors of Destiny
Ultima V: Warriors of Destiny compte parmi les sommets de toute la série de Richard Garriott, et sa version pour Commodore 64 de 1988 a montré qu'une machine huit bits pouvait porter un vaste monde ouvert comptant des dizaines de villes, châteaux, îles et complexes souterrains ramifiés. Le joueur retourne à Britannia, où, en l'absence de l'Avatar, l'ordre tyrannique des Ombrelins a pris le pouvoir et instauré un régime strict, en apparence juste mais en réalité oppressif, fondé sur la suppression du libre arbitre des habitants. Le jeu s'aventure ainsi bien plus loin dans les zones grises morales que les épisodes précédents et pousse le joueur à réfléchir à ce que signifie vraiment la liberté et au prix qu'il est prêt à payer pour l'ordre.
La jouabilité repose sur l'exploration vue à vol d'oiseau, des dialogues textuels avec des personnages réagissant à des mots-clés précis, la constitution d'une compagnie de huit compagnons et des combats tactiques sur un écran dédié, où la position des unités et le terrain comptent. Sur C64, le monde était réparti sur de nombreuses disquettes, et les fréquents changements de face faisaient partie du prix à payer pour son ampleur, mais le jeu offrait un système élaboré de cycle jour-nuit, un besoin de nourriture et de lumière en sous-sol, des horaires d'ouverture des commerces et une économie urbaine crédible, où les personnages suivaient leur propre rythme quotidien. Le graphisme était plus modeste que dans les versions PC et la palette de couleurs plus limitée, mais l'atmosphère était bien soutenue par une musique sobre mais efficace accompagnant les déplacements à travers le paysage.
Ultima V a été accueilli à sa sortie comme l'un des RPG les plus ambitieux du marché, et il est encore aujourd'hui classé parmi les meilleurs épisodes de toute la série. Il a influencé toute une génération de RPG en monde ouvert par son insistance sur un monde simulé doté de sa propre vie, qui n'attend pas seulement les actions du joueur mais continue d'exister sans son intervention. Aujourd'hui, le jeu séduira surtout les joueurs intéressés par l'histoire du genre et patients face aux commandes d'époque et à la nécessité de changer de disquette ; mais en tant que réalisation de conception, il reste remarquablement lisible même des décennies plus tard, et nombre de ses idées se retrouvent encore aujourd'hui dans les RPG.
Pourquoi y jouer : Pour les joueurs intéressés par l'histoire du genre et patients face aux commandes d'époque et aux changements de disquette, Ultima V offre un design remarquablement lisible et un monde simulé dont les idées se retrouvent encore aujourd'hui dans les RPG.
Jeu 76 sur 121 pour Commodore 64
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