Mega Man 5
Sixième année, cinquième volet. Le rythme auquel Capcom enchaînait les aventures du robot bleu était, à la fin de l'ère 8 bits, proprement stupéfiant. Mega Man 5 n'était pourtant pas une routine fatigante, mais une plateforme soignée et visuellement sûre d'elle-même, misant sur l'assurance et le spectacle.
Cette fois, c'est apparemment le propre frère de Mega Man, Proto Man, qui se retourne contre lui en enlevant le docteur Light. Cette intrigue de trahison supposée donne au jeu une dimension plus personnelle et pousse le joueur en avant, même si tout finit par cacher, une fois de plus, le mystère habituel. Pour le reste, le jeu repose sur le choix parmi huit niveaux et Robot Masters, sur l'obtention de leurs armes et sur une série de châteaux finaux, bref sur l'ossature que la série a menée à la perfection.
La nouveauté est un fidèle compagnon robotique, l'oiseau Beat, que vous débloquez en collectant des lettres disséminées dans les niveaux et qui attaque les ennemis de manière autonome au combat. Le tir chargé du volet précédent est toujours là et plus marqué que jamais, si bien que Mega Man paraît plus puissant et les combats un peu plus généreux. L'arsenal obtenu auprès des boss est cette fois inventif et propose par exemple un bouclier de pierres ou une inversion de la gravité.
Il est sorti sous la houlette de Capcom en 1992. À cette époque, les consoles de nouvelle génération dominaient déjà, et Mega Man 5 fait ainsi partie des chants du cygne de la NES en tant que plateforme principale de cette série. Les développeurs ont pourtant continué à peaufiner l'aspect graphique, et le jeu compte parmi les Mega Man 8 bits les plus soignés visuellement, avec de grands boss détaillés et des arrière-plans spectaculaires qui repoussaient les limites de ce que la console pouvait afficher.
La critique comme les fans reprochent souvent au jeu d'être un peu plus facile que les précédents. Cela en fait toutefois aussi un point d'entrée accessible pour les joueurs qui ne veulent pas affronter d'emblée l'impitoyable difficulté des titres plus anciens. L'oiseau Beat est en outre devenu un élément apprécié, revenu sous diverses formes dans les volets suivants de la série et devenu une partie intégrante de celle-ci.
Mega Man 5 représente ainsi une version mûre et parfaitement calibrée de la formule éprouvée. Ce n'est pas une révolution, mais une suite honnête et magnifique visuellement, qui maintient la barre haute pour la marque jusqu'au crépuscule même de la console 8 bits. Pour les joueurs qui aiment avancer sans frustration inutile, c'est l'un des épisodes les plus agréables de toute la série classique.
Pourquoi y jouer : Pour une plateforme classique accessible et visuellement soignée, avec le compagnon robotique Beat, idéale même pour ceux qui redoutent la difficulté brutale de la série.
Jeu 52 sur 120 pour Nintendo NES