Dragon Slayer: The Legend of Heroes
Dragon Slayer: The Legend of Heroes marque le moment où Falcom s'est écarté des expériences d'action de la série Dragon Slayer pour écrire un JRPG classique au tour par tour, fortement centré sur l'histoire. Le joueur accompagne le prince Selios qui, après la mort de son père et l'usurpation du trône, grandit à l'écart puis revient peu à peu reconquérir son royaume. Le récit est structuré autour des villes et royaumes que traverse le groupe, chacun apportant sa propre intrigue secondaire — créant ainsi l'impression d'un voyage à travers un monde habité, et non d'une simple succession de donjons.
Le système de combat est au tour par tour et semi-automatique : le joueur définit une stratégie générale que les personnages exécutent, ce qui accélère les affrontements courants et fait gagner du temps lors des déplacements sur la carte. Provisions, sorts et équipement se gèrent via des menus clairs, la difficulté est plus douce que celle des donjons exigeants de l'époque, et le jeu mise plutôt sur l'envie de suivre le destin des personnages. Sur PC-98, les créateurs ont misé sur des villes aux couleurs vives et des portraits de personnages dans les dialogues ; la haute résolution mettait en valeur les détails des arrière-plans, et l'interface reste lisible encore aujourd'hui. La musique compte parmi les plus mélodiques que Falcom ait produites à l'époque, et plusieurs thèmes reviennent sous forme d'arrangements dans les jeux ultérieurs.
L'importance de ce jeu a dépassé ses propres qualités : il a fondé la lignée Eiyuu Densetsu, d'où est issue une longue série de suites et, finalement, la série Trails, l'une des sagas narratives les plus vastes du genre. À l'époque, il est sorti sur de nombreuses plateformes japonaises et reste aujourd'hui rappelé comme le titre qui a imposé chez Falcom une approche centrée sur les personnages et le monde. Aujourd'hui, il se joue confortablement et sans frustration inutile — c'est davantage une longue expédition paisible qu'une épreuve de patience. Il paie un certain tribut à la prévisibilité : quiconque connaît les RPG japonais plus tardifs devinera la plupart des rebondissements à l'avance, car ce jeu même a aidé à en inventer certains. Il reste néanmoins raconté avec honnêteté, et son rythme — quelques heures par royaume, puis on avance — tient encore bien la route aujourd'hui, même si les combats pris isolément paraissent désuets.
Jeu 19 sur 28 pour NEC PC-98