Out Run
Le vent dans les cheveux, une blonde sur le siège passager et devant le capot une route infinie qui disparaît à l'horizon – Out Run est une célébration de la liberté au volant, et même sa conversion sur Amstrad CPC tente de retranscrire cette sensation de balade estivale sur l'écran d'un ordinateur domestique. L'original était à son époque une révélation, et son nom évoque encore aujourd'hui l'image d'une Ferrari rouge filant le long d'une route côtière sous un ciel bleu.
Le principe du jeu est d'une simplicité géniale : vous ne rivalisez pas de position avec d'autres pilotes, mais avec un temps qui s'écoule impitoyablement. À la fin de chaque tronçon, la route se divise et le joueur choisit son itinéraire – cette structure arborescente propose plusieurs destinations différentes et incite à rejouer encore et encore. Au lieu de l'agressivité, c'est le style, la fluidité et le plaisir de la vitesse qui règnent, ce qui fait d'Out Run davantage une sensation de vie qu'un simple jeu de course.
Derrière l'original se trouve le légendaire designer japonais Yu Suzuki et le studio Sega, qui lance le jeu dans les salles d'arcade en 1986 dans une version dotée d'une cabine mobile s'inclinant selon les virages. Cette avance technologique et musicale – la bande-son aux mélodies sous licence, que le joueur choisissait en changeant de station de radio – a fait d'Out Run l'étalon du genre dit arcade racing. Les conversions domestiques pour huit bits, dont l'Amstrad CPC, ont été préparées par des équipes européennes, qui devaient relever le défi d'imiter les graphismes pseudo-3D à mise à l'échelle de l'original.
L'empreinte culturelle d'Out Run est immense. Il a défini tout un sous-genre, inspiré une multitude de successeurs, et son esthétique de balade côtière au soleil couchant est devenue si emblématique qu'elle est encore citée aujourd'hui par la scène musicale et visuelle. Le jeu a connu de nombreuses suites, et le nom Out Run reste synonyme de course insouciante.
Sur Amstrad CPC, Out Run est forcément plus modeste que l'éclatant original d'arcade, mais en tant que document historique, il a sa valeur. Il rappelle l'époque où les salles d'arcade tentaient de s'inviter dans les salons, et où même une machine huit bits pouvait offrir au moins un éclat de cette sensation d'avoir devant soi une route ouverte et tout un été.
Pourquoi y jouer : Pour la joie intemporelle d'une conduite pure, et la possibilité de goûter à l'un des titres de course les plus influents de l'histoire sur un huit bits domestique.
Jeu 22 sur 26 pour Amstrad CPC
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L'original arcade de Sega, sorti en 1986, tournait sur le matériel spécial Super Scaler qui permettait à la route de s'agrandir avec fluidité, avec trois morceaux au choix diffusés par les haut-parleurs de la borne. Les ordinateurs domestiques ne pouvaient pas recréer entièrement cette illusion de vitesse: les versions Commodore 64, Amstrad CPC et Atari ST montrent toutes un défilement de route nettement plus saccadé et moins de détails sur le circuit. L'Amiga conservait une bonne fluidité et un plus beau graphisme malgré les limitations, tandis que la Master System surprenait par un graphisme et une musique assez fidèles pour une console huit bits. Pour la vraie sensation d'arcade, l'original reste inégalé.