Makaimura for WonderSwan
Makaimura for WonderSwan est un retour portable au classique d'arcade que les joueurs occidentaux connaissent sous le nom de Ghosts 'n Goblins. Le chevalier Arthur part à travers un cimetière puis au-delà, vers des terres démoniaques, pour sauver une princesse enlevée, armé seulement d'une lance et d'une détermination inébranlable. Les règles restent cruellement simples. Le premier coup fait tomber son armure et le héros continue en sous-vêtements, le second signifie une mort instantanée et un retour à un point de contrôle. Les ennemis apparaissent par vagues incessantes, des démons volants perturbent les sauts au-dessus des gouffres, et les armes ramassées en chemin ne constituent pas toujours une amélioration, une torche ou un bouclier pouvant se révéler bien pires dans un passage donné que la lance de base.
Le portage sur WonderSwan devait surtout résoudre le problème de transformer un large écran d'arcade en un petit écran basse résolution. Le jeu travaille donc avec un champ de vision plus compact, et le joueur s'appuie souvent davantage sur des agencements mémorisés que sur ce qu'il voit réellement devant lui. Or, la mémorisation fait traditionnellement partie du plaisir dans cette série. La difficulté reste sans compromis, et même un joueur expérimenté compte sur des dizaines de tentatives avant de venir à bout des deux premiers niveaux. Les commandes sont heureusement précises, et le saut, qu'on ne pouvait pas corriger en l'air dans la version originale, conserve sa rigidité caractéristique, si bien que chaque bond doit être planifié à l'avance.
Du point de vue de l'époque, c'était un choix judicieux. Bandai avait besoin de noms reconnus pour le lancement de la console, et Makaimura comptait parmi ceux que les joueurs japonais associaient immédiatement à l'ère de l'arcade. Le titre est resté une exclusivité japonaise, et hors du Japon, il est surtout connu des collectionneurs. Aujourd'hui, il fait figure de rappel honnête d'une époque où les jeux ne faisaient aucun cadeau et où la mort faisait partie de l'apprentissage. Quiconque aime les jeux de plateforme exigeants et ne craint pas de répéter le même passage trouvera ici une version concentrée du classique qui, grâce à ses niveaux courts, se prête étonnamment bien à un jeu par petites doses. C'est aussi une bonne illustration de la façon dont Capcom a recyclé ses classiques d'arcade à travers les générations de matériel, et du peu qu'il a dû changer à leur substance pour qu'ils continuent de fonctionner.
Jeu 18 sur 27 pour Bandai WonderSwan