Powermonger
Powermonger prolonge les idées de Populous, mais échange la perspective divine contre le rôle d'un seigneur de guerre sans terre. Le joueur se retrouve à la lisière d'un monde divisé, et sa tâche consiste à conquérir progressivement un territoire après l'autre, jusqu'à ce que plus personne ne lui résiste. Chaque carte est une petite région avec des villages, des forêts, des moutons et des habitants entêtés qui ont chacun leur propre nom, leur allégeance et leur métier. Personne ici n'est un simple pion : le forgeron sait fabriquer des armes, le pêcheur apporte de la nourriture et le paysan peut être enrôlé dans l'armée.
Les ordres se transmettent par des capitaines envoyés sur le terrain et quelques commandes de base : occuper un village, recruter, piller, produire, attaquer. Le reste se déroule tout seul, et le joueur observe sa troupe se déplacer à travers la campagne, ses provisions diminuer et l'humeur des habitants évoluer selon qu'il est arrivé en libérateur ou en pillard. La nourriture joue un rôle clé, car une armée affamée perd ses forces et se disperse, si bien que la conquête est aussi un problème de logistique. Des inventions comme les arcs, les catapultes ou les navires se débloquent peu à peu et modifient le rapport de force. Tout le paysage est rendu dans une perspective isométrique pivotable et inclinable, que l'on peut zoomer jusqu'au niveau de chaque personnage, ce qui constituait une démonstration technique impressionnante au début des années 1990.
La version DOS a conservé cette carte tridimensionnelle fluide ainsi que la profusion de statistiques sur chaque habitant, mais la maniabilité est dense et le jeu ne cherche vraiment pas à prendre le joueur par la main. L'habillage sonore est sobre, et l'atmosphère repose sur un Moyen Âge silencieux et froid, où l'on se bat pour des moutons et du pain. À l'époque, Powermonger était perçu comme un titre ambitieux et techniquement inventif, annonciateur des futurs jeux de stratégie en temps réel centrés sur le ravitaillement. Aujourd'hui, il exige de la patience et la volonté d'apprendre son langage, mais la récompense est une stratégie qui, même après toutes ces années, paraît singulière et originale.
Jeu 66 sur 204 pour PC / DOS (XT až 486)