Kuru Kuru Kururin
Kuru Kuru Kururin faisait partie des titres de lancement de la Game Boy Advance et, des années plus tard, reste la preuve qu'une idée pure peut porter tout un jeu sans le moindre élément superflu. Vous contrôlez une tige rotative qui se déplace en douceur dans les couloirs sinueux d'un labyrinthe, la seule chose que le joueur contrôle réellement étant la vitesse et le sens de sa rotation via les boutons L et R. La tige ne doit pas toucher les murs, et plus un couloir est étroit, sinueux ou encombré d'obstacles mobiles, plus il exige du joueur un sens du timing, de la patience et une bonne perception de l'espace. Des obstacles mobiles et des goulets étroits, à traverser avec presque aucune marge d'erreur, apparaissent également au fil de la progression.
Techniquement, c'est un jeu discret mais peaufiné avec précision — couleurs vives, graphismes lisibles et mouvement parfaitement fluide faisaient de Kuru Kuru Kururin une vitrine idéale de ce que pouvait offrir une nouvelle console portable dotée d'un écran couleur rétroéclairé. La musique est légère, joyeuse, et complète bien le style visuel pastel et enjoué, avec des mondes thématiques allant des forêts aux grottes sous-marines en passant par des halls d'usine pleins de machines. Le jeu propose aussi des modes compétitifs et chronométrés qui étirent le principe de base simple sur des dizaines de niveaux à la difficulté croissante, obligeant le joueur à peaufiner sans cesse sa technique de pilotage, tandis que la progression à travers les mondes débloque de nouveaux motifs visuels et types d'obstacles, si bien que le jeu, malgré sa base simple, ne paraît jamais répétitif.
À sa sortie, le jeu a surtout été apprécié par les joueurs en quête d'autre chose que les plateformes d'action et les RPG dont le catalogue GBA était inondé dans ses premières années — Kuru Kuru Kururin était au contraire méditatif, précis et absolument sans concession envers la moindre erreur. Il n'est jamais sorti en Amérique du Nord, ce qui en a fait une pépite semi-cachée devant se frayer un chemin jusqu'aux joueurs de la région par l'importation et le bouche-à-oreille des fans. Il est encore cité aujourd'hui comme un exemple de game design élégant, bâti autour d'un mécanisme unique poussé à la perfection absolue, et son héritage perdure dans des titres tout aussi minimalistes, du type « un seul mécanisme, un plaisir sans fin », apparus plus tard sur mobile et sur les boutiques numériques.
Jeu 136 sur 170 pour Game Boy Advance