RoboCop Versus The Terminator
RoboCop Versus The Terminator sur Game Boy adapte le crossover en bande dessinée publié par Dark Horse Comics, dans lequel le policier cyborg affronte les armées de Skynet issues de la saga cinématographique Terminator. Le jeu appartient au genre du run and gun à défilement latéral : le joueur traverse des niveaux linéaires peuplés de robots ennemis et de collaborateurs humains, tout en récupérant peu à peu des armes et des améliorations plus puissantes qui augmentent la puissance de feu comme la résistance de RoboCop. Par rapport aux versions ultérieures sur des consoles plus performantes, la version portable a dû composer avec un matériel nettement plus limité, ce qui s'est traduit par des niveaux moins étendus et des graphismes plus simples ; le level design misait donc davantage sur la densité des ennemis et les fusillades fréquentes que sur des environnements vastes et sinueux.
L'écran monochrome de la Game Boy empêchait de distinguer les différents types d'ennemis par la couleur ; le jeu s'appuyait donc sur des silhouettes contrastées et un design de sprites lisible : la massive silhouette de RoboCop se distingue instantanément des unités ennemies plus petites, même sur ce petit écran. La bande-son est restée sobre, avec de courts effets de tirs et une boucle musicale simple qui soulignait le rythme d'action du jeu sans trop solliciter la puce sonore limitée de la console. Les commandes sont directes (déplacement, saut et tir, avec éventuellement un changement entre les armes trouvées), ce qui fait du jeu un représentant typique du genre transposé sur console portable sans changement du concept de base ; grâce à cela, il se prenait en main intuitivement, même sans notice.
Dans le contexte de l'époque, il s'agissait de l'un des nombreux titres sous licence cherchant à exploiter simultanément la popularité des deux franchises cinématographiques, et la version Game Boy était surtout comparée à ses cousines sur Mega Drive et Super Nintendo, face auxquelles elle accusait logiquement un retard sur le plan audiovisuel. Aujourd'hui, le jeu vaut davantage comme curiosité pour les collectionneurs et les fans des deux licences que comme réalisation techniquement ambitieuse, mais en tant qu'exemple d'adaptation d'une licence d'action plus rude sur Game Boy, il demeure une entrée intéressante dans l'histoire de la console et un rappel de la manière dont les studios de l'époque pouvaient traiter une même source sur un matériel différent.
Jeu 141 sur 147 pour Nintendo Game Boy