Fatal Frame III: The Tormented
Le troisième volet de la série, Fatal Frame III: The Tormented, relie les personnages et les intrigues des deux jeux précédents à travers la Maison des Rêves, un manoir mystérieux dans lequel les héroïnes sont transportées chaque fois qu'elles s'endorment, et duquel elles risquent de ne jamais se réveiller. L'héroïne principale est la photographe Rei Kurosawa, marquée par le traumatisme d'un accident de voiture ayant coûté la vie à son fiancé, et ses visites nocturnes dans la maison maudite relient passé et présent à travers un tatouage qui apparaît peu à peu sur son corps et attire l'attention d'esprits malveillants.
Le jeu a conservé la mécanique éprouvée du combat contre les fantômes à l'aide de la Camera Obscura, cette fois enrichie de nouveaux types de pellicules et d'améliorations pour l'appareil, et a ajouté un système où le personnage s'endort dans sa propre chambre, servant de transition entre le monde réel et le cauchemar onirique du manoir. Cette alternance entre les deux plans est justement l'une des idées les plus fortes du jeu : l'appartement du monde éveillé fait office de base tranquille où l'on examine ses trouvailles, lit des notes et se prépare, mais l'horreur de la maison finit par s'y infiltrer également, et le refuge sûr cesse de l'être. Le lien entre trois personnages jouables aux capacités différentes et à la perspective propre sur une même histoire a donné au récit profondeur et poids émotionnel, notamment à travers les thèmes de la perte, de la culpabilité et de la peur du sommeil, que le jeu traite avec une sensibilité inhabituelle pour le genre horrifique.
La réalisation visuelle et sonore est restée au niveau élevé caractéristique de la série, privilégiant une terreur silencieuse et claustrophobe plutôt que des sursauts faciles ; la caméra se déplace lentement, les couloirs sont sombres, et le son le plus fréquent reste la respiration de la joueuse elle-même. The Tormented est encore aujourd'hui considéré comme l'épisode émotionnellement le plus puissant et thématiquement le plus abouti de toute la série Fatal Frame. La compositrice Ayako Toyoda a parachevé cette atmosphère oppressante par une bande-son minimaliste et discrète, qui accentuait encore le sentiment de solitude et de vulnérabilité des héroïnes.
Jeu 90 sur 269 pour Sony PlayStation 2