Killzone 2
L'invasion de la planète natale du régime brutal des Helghast a frappé comme l'un des FPS les plus impressionnants techniquement du tournant de la décennie, avec une esthétique industrielle sombre et une sensation de tir lourde et réaliste. Guerrilla Games a bâti le jeu sur le mouvement plus lent et plus hésitant du soldat Sevchenko, ce qui fut controversé au départ mais donnait aux combats un sentiment de poids et de prudence tactique, à l'inverse des shooters plus arcade populaires à l'époque. Les armes remontent d'elles-mêmes lors des tirs, obligeant le joueur à les recorriger constamment vers la cible, et un système de couverture géré à la première personne forçait à jaillir puis à se replier plutôt qu'à foncer tête baissée.
Visuellement, le jeu comptait parmi les vaisseaux amiraux technologiques de la PS3, avec des environnements destructibles, un éclairage dense et des modèles détaillés de soldats Helghast dans leurs masques emblématiques rouges luminescents. Critiques et joueurs ont surtout débattu de la maniabilité, mais s'accordaient sur la qualité exceptionnelle des graphismes et du son, parmi les meilleurs de la console. Killzone 2 a contribué à établir la série comme la réponse de Sony à Halo, un FPS militaire vitrine exclusif à la plateforme, et est devenu un titre de démonstration présenté lors de salons comme preuve de la puissance du processeur Cell.
Le multijoueur, doté d'un système de classes élaboré et de capacités déblocables, a attiré une communauté fidèle pendant plusieurs années, notamment grâce à un mode où les objectifs de la partie changeaient en cours de jeu, obligeant l'équipe à passer sans heurt de la défense à l'attaque puis au sabotage. Le jeu a considérablement renforcé la réputation de Guerrilla Games comme studio capable de rivaliser avec les meilleurs développeurs occidentaux de FPS. Les développeurs ont passé des années à peaufiner la sensation de tir et le recul des armes, ce qui est devenu une référence dans les discussions sur le gunplay, et la présentation technique du jeu à l'E3 2005 avait déclenché un vaste débat sur la différence entre démonstrations pré-rendues et performance réelle en jeu.
Jeu 11 sur 293 pour Sony PlayStation 3