Un cabriolet décapotable, une blonde sur le siège passager, un littoral baigné de soleil, et à chaque bifurcation, c'est toi qui choisis la direction - Out Run n'est pas seulement un jeu de course, c'est un sentiment de liberté transformé en pixels. Et SEGA a réussi à faire tenir un morceau de cette joie jusque dans la console portable Game Gear.
Contrairement aux courses habituelles, il ne s'agit pas ici de se battre pour la première place contre des rivaux. Tu fonces sur l'autoroute contre la montre, tu slalomes entre les voitures plus lentes et tu essaies surtout d'atteindre le point de contrôle avant que ton temps ne s'épuise. Le tracé ramifié est génial : à la fin de chaque section, tu décides de tourner à gauche ou à droite, composant ainsi ton propre parcours à partir d'étapes de difficulté variable menant à des destinations différentes. Ce choix et l'accent mis sur le pur plaisir de conduire ont distingué Out Run de la concurrence.
L'original arcade de 1986 est l'œuvre du légendaire concepteur de jeux Yu Suzuki et du studio SEGA AM2. En salle d'arcade, il s'est rendu célèbre grâce à sa borne luxueuse de type « sit-down », qui s'inclinait selon la direction, et à sa musique que le joueur pouvait choisir lui-même sur l'autoradio. Des mélodies comme Magical Sound Shower comptent parmi les morceaux de jeu vidéo les plus connus qui soient, et sont restées à jamais associées à la sensation d'une balade estivale.
Sur le plan culturel, Out Run a défini tout un style. Son esthétique - couchers de soleil pastel, voiture de sport et ambiance décontractée - est revenue des décennies plus tard comme source d'inspiration pour la vague musicale et visuelle appelée synthwave et outrun. Peu de jeux des années 1980 ont un héritage visuel aussi fort et toujours vivant.
La version Game Gear ne pouvait logiquement pas offrir l'hydraulique ni la fluidité de la borne d'arcade, mais sur son petit écran couleur, elle a tout de même produit une illusion honorable de conduite rapide, et surtout conservé cette ambiance décontractée si typique. Pour les joueurs en déplacement, c'était un moyen idéal de s'offrir à tout moment une petite virée vers le soleil.
Pourquoi y jouer : Pour ce sentiment intemporel de liberté au volant, le choix de son propre itinéraire et une atmosphère d'été éternel qu'aucun autre jeu n'a mieux su capturer.
Jeu 25 sur 39 pour SEGA Game Gear
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L'original arcade de Sega, sorti en 1986, tournait sur le matériel spécial Super Scaler qui permettait à la route de s'agrandir avec fluidité, avec trois morceaux au choix diffusés par les haut-parleurs de la borne. Les ordinateurs domestiques ne pouvaient pas recréer entièrement cette illusion de vitesse: les versions Commodore 64, Amstrad CPC et Atari ST montrent toutes un défilement de route nettement plus saccadé et moins de détails sur le circuit. L'Amiga conservait une bonne fluidité et un plus beau graphisme malgré les limitations, tandis que la Master System surprenait par un graphisme et une musique assez fidèles pour une console huit bits. Pour la vraie sensation d'arcade, l'original reste inégalé.