Operation C
Quand on dit Contra, la plupart des joueurs pensent aussitôt à une télévision, deux manettes et un écran débordant de plomb. Que cette série brutale et bourrée d'adrénaline puisse tenir sur un écran non rétroéclairé gris-vert ? Operation C prouve que oui — et que ça fonctionne mieux que ne le laisserait supposer toute attente raisonnable.
Il s'agit du troisième Contra de la série et le tout premier portable de son histoire. Konami n'a pas choisi la facilité. Le jeu retranscrit fidèlement tout ce qui faisait de Contra un Contra : un rythme effréné, la mort au moindre contact et, bien sûr, un arsenal d'armes emblématique mené par le légendaire spread shot et le laser. Comme Super C, Operation C alterne niveaux latéraux et vue du dessus, si bien que même sur petit écran il ne sombre jamais dans la monotonie — il change sans cesse de perspective et de manière de se frayer un chemin à travers les hordes ennemies.
L'histoire européenne du titre est également intéressante. En raison de la sensibilité de l'époque à la représentation de la violence, le jeu est sorti sur le vieux continent sous le nom « Probotector », où les soldats humains ont été remplacés par des robots — le même sort qu'ont connu d'autres épisodes de la série en Europe. Sous le capot, il s'agissait pourtant de la même action sans compromis, juste avec une esthétique différente pour les héros.
Ce qui distingue Operation C des épisodes de salon, c'est sa concision. Il est court, mais d'autant plus intense — une dose concentrée de folie made in Contra que l'on termine en une seule session, mais qui vous fait bien transpirer. Aucun temps mort, aucun étirement inutile ; juste de l'action pure et dense, de la première à la dernière étape. Sur une console portable, où l'on ne joue souvent que quelques instants, c'est en fait un format idéal.
Au final, Operation C fait partie de ces portages de poche qui méritent le respect. Au lieu d'un ersatz amputé, il offre une pièce à part entière de la série, qui comprend pourquoi les gens aiment Contra et parvient à en préserver l'essence même à une échelle bien plus réduite. Pour les fans du genre run-and-gun, c'est une petite preuve que la taille de l'écran ne détermine pas l'intensité.
Pourquoi y jouer : un Contra à part entière et sans compromis, dans votre poche — une dose courte mais brutalement intense d'action run-and-gun qui excelle de manière inattendue sur petit écran.
Jeu 15 sur 147 pour Nintendo Game Boy