PC handheld · Valve
Steam Deck
Kapesní herní PC od Valve — a po pár minutách s EmuDeckem i nejvýkonnější retro handheld, jaký seženeš.
Steam Deck — kapesní PC od Valve
Steam Deck je plnohodnotné herní PC ve formě handheldu. Kromě moderních her je to díky výkonu špičkový emulační stroj — utáhne v pohodě i to, na čem se levné krabičky zadrhávají (GameCube, Wii, PS2, slušně i 3DS, Switch nebo PS3 u těch nejlepších titulů).
Setup je překvapivě snadný: nástroj EmuDeck ti jedním průvodcem nainstaluje RetroArch i samostatné emulátory, založí složky na ROMy a vše napojí na pěkný frontend (EmulationStation-DE) přímo do herního režimu Decku.
Caractéristiques
- Výrobce
- Valve
- Systém
- SteamOS (Linux); jde i Windows
- Čip
- AMD APU (Zen 2 + RDNA 2)
- Displej
- 7" (LCD) / 7,4" OLED
- Emulace
- EmuDeck (RetroArch + samostatné emulátory)
Ce qu'il fait tourner
- Sans accrocVše do PS1/PSP/DS/Dreamcast/Saturn
- Sans accrocGameCube, Wii, PS2, 3DS, N64
- La plupartSwitch, Wii U, PS3 (vybrané tituly)
Qu'est-ce que le Steam Deck
Le Steam Deck est un ordinateur de jeu portable conçu par Valve, le créateur de la plateforme Steam. Contrairement aux consoles portables classiques comme la Nintendo Switch, il ne s'agit pas d'une console fermée avec sa propre boutique, mais d'un véritable PC au format console de poche. Il fonctionne sous une version adaptée du système d'exploitation SteamOS 3, basé sur Linux (distribution Arch Linux avec l'environnement KDE Plasma), et comme c'est un PC, on peut y installer Windows et pratiquement tout ce qui tourne sur un PC. Cet appareil s'adresse aux joueurs qui veulent emporter partout leur vaste bibliothèque de jeux Steam et y jouer confortablement en main, au lit, dans le train ou sur le canapé.
Pour la communauté du retrogaming et de l'émulation, le Steam Deck est particulièrement intéressant justement parce que c'est un PC ouvert doté d'un matériel puissant, d'une prise en main confortable et d'une grande batterie. Grâce à la puissance de son APU AMD, il gère non seulement les gros titres AAA modernes, mais aussi l'émulation exigeante de consoles comme la PlayStation 2, la GameCube, la Wii, la Nintendo DS, la 3DS, la PSP, et même, avec quelques compromis, des systèmes plus récents. Ce n'est donc pas une console retro chinoise bon marché classique (Anbernic, Powkiddy), mais une machine polyvalente pour laquelle l'émulation n'est qu'une discipline parmi d'autres.
Le Steam Deck s'adresse à un large éventail d'utilisateurs : du joueur occasionnel qui veut simplement allumer l'appareil et jouer à sa bibliothèque Steam, en passant par les passionnés qui aiment peaufiner les graphismes et les performances, jusqu'aux utilisateurs techniquement avertis qui transforment l'appareil en une véritable station d'émulation multiplateforme. C'est justement cette polyvalence qui en fait l'une des machines de jeu portables les plus universelles du marché — au prix d'une prise en main un peu plus exigeante qu'une console purement plug-and-play.
Histoire et contexte sur le marché
Valve a annoncé le Steam Deck en juillet 2021, et les premiers exemplaires ont commencé à être expédiés en février 2022. Ce n'était pas la première tentative de Valve pour s'imposer dans les salons et entre les mains des joueurs en dehors du PC classique — elle avait été précédée par les projets Steam Machines (des PC de salon développés par des fabricants tiers, en 2015) et par la manette Steam Controller, qui n'ont pas rencontré le succès commercial escompté. Le Steam Deck tire les leçons de ces échecs : plutôt que de concéder son matériel à des partenaires, Valve fabrique et vend son propre appareil à un prix agressif, souvent proche du coût de production, car l'entreprise gagne surtout de l'argent grâce à la vente de jeux.
Le Steam Deck a lancé une nouvelle vague d'intérêt pour les PC de jeu portables puissants à architecture x86. Dans son sillage sont arrivés des concurrents sous Windows — ASUS ROG Ally, Lenovo Legion Go, des appareils AYANEO et GPD, entre autres. Le Steam Deck a cependant conservé un avantage clé : une intégration étroite avec SteamOS, optimisé précisément pour ce matériel, offrant ainsi une meilleure autonomie et une expérience plus fluide qu'un Windows généraliste sur du matériel comparable.
En novembre 2023, Valve a lancé une version améliorée, le Steam Deck OLED, qui n'apporte pas de gain de performance significatif mais propose un meilleur écran OLED, une batterie plus grande, un refroidissement plus silencieux, une construction plus légère et un Wi-Fi 6E plus rapide. Le Steam Deck s'est ainsi imposé comme une plateforme durable, activement soutenue par Valve via des mises à jour logicielles et le programme de certification des jeux Steam Deck Verified.
Matériel : SoC, GPU, RAM
Le cœur du Steam Deck est un APU AMD sur mesure au nom de code Aerith (légèrement modifié en Sephiroth, gravé en 6 nm, pour la variante OLED). Il s'agit d'une puce basée sur l'architecture Zen 2 (CPU) et RDNA 2 (GPU) — la même famille que celle utilisée par les consoles PlayStation 5 et Xbox Series. Le CPU dispose de 4 cœurs / 8 threads cadencés entre environ 2,4 et 3,5 GHz, tandis que le GPU comporte 8 unités de calcul (CU) cadencées à environ 1,6 GHz, ce qui donne une puissance théorique d'environ 1,6 TFLOPS. Pour un appareil portable, c'est une performance très correcte, suffisante pour jouer en 1080p à de nombreux jeux modernes avec des détails raisonnables.
L'appareil est équipé de 16 Go de mémoire unifiée LPDDR5 (partagée entre le CPU et le GPU), ce qui est essentiel aussi bien pour l'émulation de systèmes exigeants que pour les jeux modernes. La mémoire vive fonctionne à une fréquence d'environ 5500 MT/s. Cette architecture à mémoire partagée signifie qu'une partie de la RAM est dynamiquement utilisée comme mémoire graphique (VRAM), l'allocation de base pouvant être ajustée dans le BIOS.
Le stockage varie selon le modèle : la version de base utilisait un eMMC (plus lent), tandis que les versions supérieures disposent d'un SSD NVMe rapide au format M.2 2230. Tous les modèles disposent d'un emplacement pour carte microSD (UHS-I), ce qui permet d'étendre facilement la capacité — idéal pour de grandes bibliothèques de ROM et d'émulateurs. Le SSD, y compris sur le modèle OLED, peut théoriquement être remplacé, mais cela implique d'ouvrir l'appareil et demande une certaine prudence.
Écran, batterie, refroidissement
Le modèle LCD d'origine dispose d'un écran IPS de 7 pouces en résolution 1280×800 (format 16:10) avec un taux de rafraîchissement de 60 Hz. Le modèle OLED a introduit un panneau OLED HDR de 7,4 pouces avec la même résolution de 1280×800, mais avec une luminosité plus élevée, un noir parfait, des couleurs plus riches et un taux de rafraîchissement pouvant atteindre 90 Hz. Grâce à des bords plus fins, la variante OLED offre une diagonale plus grande tout en conservant les mêmes dimensions extérieures, et propose une expérience visuelle nettement meilleure, particulièrement appréciable pour l'émulation, les shaders et les filtres CRT.
La batterie diffère nettement entre les modèles. Le modèle LCD dispose d'une batterie de 40 Wh, que le modèle OLED a portée à 50 Wh. Combinée à un écran OLED plus économe et à une puce gravée en 6 nm, la version OLED offre une autonomie sensiblement meilleure. L'autonomie réelle dépend fortement de la charge : pour des jeux 2D et retro peu exigeants, on peut atteindre 6 à 8 heures, alors que pour les titres 3D les plus gourmands, cela peut descendre à seulement 1,5 à 2 heures environ. On peut prolonger l'autonomie en limitant le taux d'images par seconde (limite FPS), en réduisant la luminosité et en ajustant la limite de TDP via le menu Accès rapide.
Le refroidissement est assuré par un ventilateur actif avec caloduc et un dissipateur en cuivre. Le modèle OLED a reçu un ventilateur plus silencieux et plus efficace, ce qui le rend moins audible en pleine charge que la version LCD d'origine, sur laquelle certains utilisateurs ont d'ailleurs remplacé le ventilateur plus bruyant. Le logiciel permet de surveiller les températures et les fréquences via le Performance Overlay intégré, où l'on peut également régler la limite de consommation (TDP) et la fréquence du GPU pour équilibrer performance et autonomie.
Ports et connectivité
Le Steam Deck dispose d'un port USB-C sur le dessus (USB 3.2, prenant en charge le DisplayPort alt mode et le Power Delivery), qui sert à la fois à la recharge, à la connexion à un écran externe et au branchement de périphériques via un adaptateur ou une station d'accueil. En bas se trouvent une prise jack 3,5 mm pour casque et un emplacement microSD. L'absence de ports supplémentaires directement sur l'appareil se résout grâce à une station d'accueil ou un hub USB-C.
La connectivité sans fil comprend le Wi-Fi et le Bluetooth 5.0. Le modèle LCD dispose du Wi-Fi 5 (ac), tandis que le modèle OLED a été mis à niveau vers le Wi-Fi 6E, ce qui permet un téléchargement plus rapide des jeux et une latence réduite en streaming. Le Bluetooth sert à connecter des manettes sans fil (DualSense, Xbox, 8BitDo), des casques ou encore un clavier/souris.
Pour le retrogaming et l'émulation, il est essentiel que le Steam Deck se comporte comme un PC : via un hub USB-C, on peut y connecter plusieurs manettes pour du multijoueur local, un clavier externe pour configurer les émulateurs, des clés USB contenant des dumps de ROM, ou même un SSD externe. Cela en fait une base flexible aussi bien pour jouer en main que pour un usage de bureau.
Systèmes d'exploitation et logiciels
Le système officiel est SteamOS 3, basé sur Arch Linux avec l'environnement graphique KDE Plasma en mode bureau. Dans le mode Jeu par défaut, l'utilisateur voit une interface conviviale façon console, dans l'esprit de Steam — il allume l'appareil, choisit un jeu et joue. En basculant en mode Bureau, l'appareil se transforme en un véritable ordinateur Linux, permettant d'installer des applications via Discover (Flatpak), de gérer les fichiers et de configurer les émulateurs. Le lancement de jeux Windows sous Linux est pris en charge par la couche de compatibilité Proton (basée sur Wine + DXVK/VKD3D), grâce à laquelle la grande majorité de la bibliothèque Steam fonctionne.
De nombreux utilisateurs installent Windows (10 ou 11), soit à la place de SteamOS, soit en double démarrage. Windows permet de lancer des jeux dotés d'anti-triche ou de services qui ne fonctionnent pas sous Linux (certains titres multijoueurs avec anti-cheat), et facilite l'utilisation de certains émulateurs. L'inconvénient de Windows est une autonomie de batterie moindre, une prise en main moins fluide par défaut et la nécessité de gérer manuellement les pilotes.
Pour le retrogaming, la distribution communautaire EmuDeck est extrêmement populaire — ce n'est pas un système d'exploitation à part entière, mais un script d'installation qui, sur SteamOS (comme sous Windows), installe et préconfigure un ensemble d'émulateurs (RetroArch, Dolphin, PCSX2, DuckStation, PPSSPP, melonDS et d'autres) ainsi qu'une interface frontale comme EmulationStation-DE ou Steam ROM Manager. Une alternative consiste à utiliser un système dédié complet comme Batocera Linux ou ChimeraOS, que l'on peut démarrer depuis une carte SD ou installer pour transformer le Deck en machine purement dédiée à l'émulation. Il existe aussi Bazzite, une distribution de jeu moderne adaptée aussi bien à Steam qu'à l'émulation.
Compatibilité avec l'émulation
Grâce à la puissance de son APU, le Steam Deck fait tourner de manière fluide la grande majorité des systèmes classiques : NES, SNES, Mega Drive/Genesis, Game Boy / GBC / GBA, Master System, PC Engine, Nintendo 64, PlayStation 1, Sega Saturn (avec quelques exceptions occasionnelles), Nintendo DS, PSP et les bornes d'arcade (MAME/FBNeo). Ces systèmes tournent à pleine vitesse, souvent avec de la marge pour les shaders, l'upscaling et le lissage. La PSP et la N64 comptent parmi les systèmes qui profitent particulièrement d'un rendu en résolution supérieure.
Avec des compromis raisonnables, le Deck gère les 6e et 7e générations plus exigeantes : la PlayStation 2 (PCSX2) tourne très bien pour la plupart des titres, mais certains jeux nécessitent des ajustements ; la GameCube et la Wii (Dolphin) fonctionnent parfaitement, souvent en résolution native ou avec de l'upscaling ; la Nintendo 3DS (Citra/Azahar) tourne bien pour la plupart des jeux. Les titres les plus exigeants peuvent nécessiter une réduction de la résolution ou un ajustement des paramètres, mais globalement il s'agit d'une plateforme solide pour cette époque.
Sur les systèmes les plus exigeants et les plus récents, le Steam Deck atteint ses limites : la PlayStation 3 (RPCS3) et la Wii U (Cemu) ne fonctionnent que pour une partie des titres, souvent avec des compromis de performance. L'émulation de la Nintendo Switch est techniquement possible, mais suite à des actions en justice contre certains émulateurs, la situation s'est compliquée et la communauté se déplace entre différents outils. En règle générale, plus le système est récent, plus les réglages sont nécessaires et plus le risque augmente que certains jeux tournent imparfaitement. Il est essentiel de ne jouer qu'à partir de dumps légaux vous appartenant — voir la section consacrée à la légalité.
Contrôles et ergonomie
Le Steam Deck est conçu de manière ergonomique pour des sessions de jeu prolongées confortables. Il propose un ensemble complet de commandes : deux sticks analogiques (avec détection capacitive), une croix directionnelle classique, des boutons ABXY, deux jeux de boutons d'épaule (L1/R1, gâchettes analogiques L2/R2), ainsi que quatre boutons arrière (grip buttons L4/R4/L5/R5), particulièrement précieux pour l'émulation et le mapping des touches. Ses grands atouts sont les deux trackpads (pavés tactiles haptiques), qui permettent un contrôle précis façon souris — idéal pour les jeux de stratégie, les point-and-click ou la navigation dans le bureau.
L'appareil dispose également d'un écran tactile, d'un gyroscope (contrôle par mouvement, utile pour la visée) et de l'interface intégrée Steam Input, qui permet de mapper n'importe quelle entrée sur n'importe quelle action et de créer des profils de contrôle communautaires partagés. C'est un avantage considérable, y compris pour l'émulation — on peut ainsi assigner des combinaisons de touches, des raccourcis d'émulateur (sauvegarde d'état, avance rapide) aux boutons arrière, entre autres.
En termes de taille et de poids, le Steam Deck est plus grand et plus lourd que la Nintendo Switch ou les consoles portables chinoises bon marché (le modèle LCD pèse environ 669 g, le modèle OLED environ 640 g). Pour certains, cela peut devenir fatigant après une utilisation prolongée en main, tandis que d'autres apprécient que les larges poignées permettent une prise en main naturelle avec des boutons bien positionnés. C'est un compromis entre portabilité et confort d'une manette complète.
Image, son, shaders et CRT
Pour le retrogaming, l'apparence des jeux anciens sur un écran moderne est essentielle. Via RetroArch et divers émulateurs autonomes, le Steam Deck permet d'appliquer des shaders — d'un léger lissage jusqu'à une imitation fidèle des écrans CRT (shaders comme CRT-Royale, crt-guest-advanced, Lottes), qui donnent au pixel art ses caractéristiques lignes de balayage, son léger flou et sa lueur phosphorescente. Sur le panneau OLED, les shaders CRT et les scanlines ressortent particulièrement bien grâce au noir parfait et au contraste élevé.
Pour une netteté pixel parfaite, on peut utiliser le integer scaling (mise à l'échelle entière), qui conserve des pixels nets sans flou, ou à l'inverse différents filtres d'interpolation. Pour les consoles fonctionnant en format 4:3, l'écran large du Deck affiche l'image avec des bandes noires sur les côtés (pillarboxing), ce qui est le comportement correct — étirer l'image sur toute la largeur déformerait les proportions.
Le son est assuré par des haut-parleurs stéréo intégrés offrant une puissance correcte, une prise jack 3,5 mm pour casque et l'audio Bluetooth (avec une légère latence typique du BT). Les émulateurs permettent d'ajuster la latence audio et le tampon, ce qui est particulièrement appréciable pour les jeux de rythme ou pour synchroniser image et son. Pour la latence la plus faible et la meilleure fidélité, on recommande un casque filaire branché sur le jack ou un DAC USB-C.
Configuration étape par étape
1) Préparation du système : après le premier démarrage, mettez à jour SteamOS (Paramètres → Système). Pour l'émulation, la voie la plus simple consiste à installer EmuDeck. Passez en mode Bureau (bouton Steam → Power → Switch to Desktop), téléchargez l'installateur d'EmuDeck dans le navigateur et lancez-le. L'assistant installe les émulateurs, crée une structure de dossiers (généralement sur la carte SD, dans le dossier Emulation/roms) et préconfigure à la fois les contrôles et les réglages de performance.
2) Fichiers BIOS : certains émulateurs nécessitent le BIOS de la console concernée (par exemple PS1, PS2, Saturn). Ces fichiers doivent être obtenus légalement à partir de votre propre console (dump de votre propre appareil) et copiés dans le dossier Emulation/bios. Sans le bon BIOS, certains jeux ne fonctionneront pas ou présenteront des problèmes. EmuDeck affiche un écran de vérification indiquant quels fichiers BIOS sont présents et corrects (vérification du hash).
3) Jeux (ROM/ISO) : copiez vos propres dumps légaux de jeux dans les sous-dossiers appropriés (par exemple roms/snes, roms/ps2, roms/gba). Vous pouvez transférer les fichiers via une clé USB, un partage réseau ou directement depuis un PC. Une fois les fichiers copiés, lancez Steam ROM Manager, qui ajoutera les jeux directement à la bibliothèque Steam avec leurs jaquettes et métadonnées, afin de pouvoir les lancer confortablement depuis le mode Jeu.
4) Scraping (métadonnées et jaquettes) : aussi bien EmulationStation-DE que Steam ROM Manager peuvent télécharger des visuels, des descriptions et des vidéos pour les jeux (scraping) depuis des bases de données comme ScreenScraper. Il suffit d'avoir une connexion internet et de lancer le scraper dans les paramètres. Il est recommandé de créer son propre compte ScreenScraper pour un téléchargement plus rapide. Le résultat est une bibliothèque visuellement attrayante, proche d'un véritable catalogue de console.
Modèles, révisions et variantes
Le Steam Deck existe en deux générations principales. Le modèle LCD (2022) était proposé en trois variantes se distinguant par leur stockage et le revêtement de l'écran : 64 Go eMMC, 256 Go SSD NVMe et 512 Go SSD NVMe avec un verre gravé antireflet. Tous les modèles LCD partagent le même APU (Aerith), le même panneau IPS de 7 pouces à 60 Hz et la même batterie de 40 Wh.
Le modèle OLED (fin 2023) est disponible en versions 512 Go et 1 To (avec verre antireflet sur la version 1 To, en édition limitée). L'OLED a introduit un panneau OLED HDR de 7,4 pouces à 90 Hz, une batterie plus grande de 50 Wh, un APU légèrement amélioré et gravé en 6 nm (Sephiroth) offrant les mêmes performances de jeu mais une meilleure efficacité, un ventilateur plus silencieux, une construction plus légère, un Wi-Fi 6E plus rapide et le Bluetooth 5.3. La puissance de jeu reste pratiquement identique à celle du LCD — l'OLED est une amélioration de la qualité, pas de la puissance brute.
Pour le choix, la règle est simple : si le budget et la performance priment, le modèle LCD reste une machine parfaitement capable. Si vous voulez la meilleure expérience possible (écran, autonomie, bruit, poids), optez pour l'OLED. Pour le retrogaming, le panneau OLED est particulièrement agréable grâce au rendu des shaders CRT et des scènes sombres. La variante eMMC (64 Go) n'est aujourd'hui plus recommandée par la plupart des utilisateurs en raison de son stockage plus lent et plus limité — complétez au minimum avec une carte microSD rapide.
Problèmes fréquents et solutions
Manque d'espace et stockage lent : les grandes bibliothèques d'émulation et les jeux modernes remplissent rapidement le stockage. La solution consiste à utiliser une carte microSD rapide (UHS-I, de marque Samsung ou SanDisk) ou à remplacer le SSD interne (M.2 2230). Lors du remplacement du SSD, il est nécessaire de réinstaller SteamOS depuis l'image de récupération (recovery image) via une clé USB. L'eMMC lent du modèle de base peut être contourné précisément grâce à une carte SD dédiée aux émulateurs.
Baisses de performance en émulation : si un jeu rame dans l'émulateur, il aide de réduire la résolution de rendu interne, de désactiver les améliorations gourmandes (anti-aliasing, filtrage anisotrope), d'augmenter la limite de TDP dans le menu Accès rapide, ou d'utiliser une limite de FPS pour plus de stabilité. Sur PCSX2 et Dolphin, on peut activer la compilation asynchrone des shaders afin de limiter les saccades lors du premier chargement des effets. Il est toujours utile de surveiller le Performance Overlay.
Les commandes ne fonctionnent pas dans l'émulateur : EmuDeck fournit des profils Steam Input préconfigurés, mais il faut parfois remapper les commandes manuellement, notamment pour les jeux ajoutés en dehors de Steam ROM Manager. Il est utile de configurer l'émulateur comme jeu non-Steam et de lui assigner une disposition de manette communautaire. Les boutons arrière sont pratiques pour sauvegarder/charger rapidement un état de jeu.
Une mise à jour écrase la configuration : comme SteamOS possède une partition système immuable, les mises à jour majeures de SteamOS nécessitent parfois de réinstaller EmuDeck ou les Flatpaks. Il est recommandé de sauvegarder ses configurations et de conserver les ROM/BIOS sur une carte SD, qui reste intacte lors des mises à jour. En cas de double démarrage avec Windows, veillez à ce que les mises à jour n'écrasent pas le chargeur de démarrage (bootloader).
Communauté et où trouver de l'aide
Une communauté très active s'est formée autour du Steam Deck. Les principales sources d'information sont les subreddits r/SteamDeck et r/EmulationOnSteamDeck, les forums Steam officiels, ainsi que les serveurs Discord de projets comme EmuDeck et Batocera. Pour les questions de compatibilité des jeux, il existe la base de données communautaire ProtonDB, où les utilisateurs évaluent la manière dont un jeu donné fonctionne via Proton et quels réglages utiliser.
Pour le retrogaming et l'émulation, les chaînes YouTube et les wikis consacrés au Steam Deck sont précieux, montrant des procédures concrètes de réglage des émulateurs, des paramètres recommandés par jeu et l'état actuel des performances. La documentation des projets EmuDeck et EmulationStation-DE est bien entretenue et explique étape par étape la structure des dossiers, les BIOS et le scraping.
Valve fournit lui-même une documentation officielle du Steam Deck, des guides pour remplacer le SSD, l'image de récupération de SteamOS, ainsi que la page Steam Deck Verified, où l'on peut vérifier si un jeu Steam donné est pleinement pris en charge, jouable avec de petits défauts, ou non pris en charge. Pour les utilisateurs francophones, il existe également des communautés locales et des discussions sur des sites et forums de jeux vidéo.
Alternatives et comparaison
Les principaux concurrents sont les consoles portables sous Windows : l'ASUS ROG Ally et la ROG Ally X, la Lenovo Legion Go, ainsi que des appareils AYANEO ou GPD. Ces appareils disposent souvent de puces plus puissantes (AMD Z1 Extreme), d'écrans de résolution supérieure et de Windows natif, ce qui élimine les problèmes liés aux anti-triche et facilite le réglage de certains émulateurs. En revanche, le Steam Deck offre une meilleure optimisation du système, une autonomie plus longue à performance comparable, des trackpads, un Steam Input intégré, et généralement un prix plus bas — surtout une interface pensée spécifiquement pour jouer en main.
Comparé à la Nintendo Switch, le Steam Deck est nettement plus puissant et plus ouvert (bibliothèque personnelle, émulation, mods), mais il est plus grand, plus lourd, plus cher et n'offre pas les titres exclusifs Nintendo sous forme native. Comparé aux consoles portables chinoises bon marché (Anbernic, Powkiddy, Miyoo), le Steam Deck est nettement plus puissant et polyvalent, mais aussi plus cher, plus grand et moins immédiatement plug-and-play pour un usage purement retro.
Pour qui recherche exclusivement du retrogaming léger, 8/16 bits et consoles 3D plus anciennes, dans l'appareil le plus petit et le moins cher possible, une console portable spécialisée sous Linux (par exemple la gamme Anbernic RG) a davantage de sens. Le Steam Deck vaut le coup pour ceux qui veulent un seul appareil pour tout faire — jeux PC modernes, émulation à travers les générations et usage bureautique. Avec une sortie TV via une station d'accueil, il fonctionne même comme une petite console de salon.
Pour qui est-ce adapté
Le Steam Deck convient avant tout aux joueurs disposant d'une vaste bibliothèque sur Steam qu'ils souhaitent emporter partout, ainsi qu'aux passionnés d'émulation et de retrogaming qui apprécieront un seul appareil puissant couvrant les générations allant de la NES jusqu'à la PS2, la GameCube et la PSP. Il est idéal pour les utilisateurs curieux sur le plan technique, qui n'ont pas peur de bidouiller occasionnellement, d'installer EmuDeck, de mapper les commandes ou d'expérimenter aussi bien avec SteamOS qu'avec Windows.
Il convient moins à ceux qui veulent une console purement plug-and-play sans aucun réglage — pour eux, une Nintendo Switch ou une console retro toute prête sera plus simple. De même, il ne conviendra pas forcément à ceux que gêne le poids et la taille plus élevés lors d'une utilisation prolongée en main, ni à ceux qui veulent exclusivement jouer aux derniers jeux AAA avec la meilleure qualité graphique possible (pour cela, un PC de bureau/de jeu puissant est plus adapté).
Pour le multijoueur local, le Steam Deck est flexible : via une station d'accueil USB-C, on peut connecter plusieurs manettes et jouer en coopératif sur un grand écran de télévision, ou utiliser des manettes sans fil (DualSense, Xbox, 8BitDo) via Bluetooth. N'oubliez toutefois pas la règle fondamentale du retrogaming : n'émulez et ne jouez qu'à des jeux pour lesquels vous possédez des dumps légaux personnels, issus de supports physiques que vous possédez, ou de sources numériques légales. Procurez-vous les BIOS et les ROM à partir de votre propre matériel — vous éviterez ainsi tout problème juridique ou éthique et soutiendrez une communauté retro saine.
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