Metro Exodus
Metro Exodus fait sortir la série des souterrains moscovites pour la propulser à la surface, envoyant les joueurs à travers une Russie dévastée à bord d'une locomotive à vapeur nommée Aurora. La structure du jeu change selon la saison et le lieu : certains chapitres sont étroits et claustrophobes comme les épisodes précédents, d'autres ouvrent de vastes régions où le joueur choisit lui-même l'ordre des tâches et le moment des raids. Le soin apporté à l'équipement est essentiel. Les armes sont nettoyées et modifiées en chemin à partir de pièces récupérées, les filtres du masque à gaz s'épuisent, et le masque lui-même se fissure et doit être essuyé à la main lorsque la pluie ou le sang y coulent.
L'atmosphère est la plus grande arme du jeu. Des villages vides, un port gelé avec un navire échoué, un paysage désertique près d'une mer asséchée et des nuits pleines de mutants créent l'impression que le monde attend simplement que le joueur cesse de le déranger. Sur PlayStation 4, il s'agissait d'un titre techniquement très ambitieux qui trébuchait parfois dans les grands espaces ouverts au lancement, mais l'éclairage et les effets météorologiques comptaient parmi les meilleurs de la génération. La musique est sobre, cédant souvent complètement la place au bruit du vent, aux pas dans la neige et à la respiration à travers le masque. La confrontation avec les autres humains est elle aussi plus complexe qu'auparavant, car le jeu retient la quantité de sang laissée derrière soi par le joueur et la reflète dans la conclusion de tout le voyage.
L'accueil fut très bon, saluant surtout la manière dont l'histoire se combine à une structure plus ouverte, ainsi que le fait que le jeu ne glisse pas vers la routine habituelle de collecte des mondes ouverts. Les critiques visaient les dialogues, un protagoniste muet dans un jeu centré sur l'histoire, et des problèmes techniques. L'influence sur le genre se voit dans la manière dont il a montré une voie médiane entre le tir linéaire et le monde ouvert. Aujourd'hui, c'est l'un des jeux d'action les plus atmosphériques de son époque, qui mérite d'être joué à un niveau de difficulté plus élevé et avec des ressources limitées. L'équipage du train mérite une mention spéciale : entre les chapitres, on peut traverser les wagons, écouter les conversations et observer les gens changer peu à peu, ce qui fait de l'Aurora l'une des bases les plus agréables de tout le genre.
Jeu 63 sur 278 pour Sony PlayStation 4