Jumping Flash!
Jumping Flash! compte parmi les titres historiquement les plus importants des débuts de la PlayStation, car il fut l'un des tout premiers à montrer à quoi pouvait ressembler un véritable jeu de plateforme 3D à la première personne. Le joueur contrôle un lapin robotique nommé Robbit, qui saute entre des îles flottantes planant très haut au-dessus d'une Terre dévastée, ramasse des carottes et élimine des ennemis à l'aide d'armes, le tout vu à la première personne. La combinaison d'une caméra subjective et du genre plateforme était alors totalement inédite et exigeait des joueurs un sens de l'espace inhabituel, l'estimation de la distance des sauts s'apprenant en cours de jeu plutôt par l'ombre au sol que par une vue directe du personnage.
Sur le plan technique, le jeu démontrait avec élégance les capacités de la nouvelle console : texturage rapide, rotation de caméra fluide et environnements colorés et lisibles qui, malgré des graphismes simples, dégageaient une impression de fraîcheur et de légèreté ludique. Les commandes reposaient sur un triple saut, permettant à Robbit de s'élever haut au-dessus des niveaux et de les observer d'en haut, ce qui résolvait le problème classique de l'orientation dans l'espace en vue subjective 3D. Chaque monde avait sa propre identité visuelle, des complexes industriels aux îles tropicales, et des boss grotesques attendaient les joueurs à la fin de chaque série de niveaux. Le level design était compact, les missions courtes mais riches en objets à collectionner et petites énigmes, si bien que le jeu se termine assez rapidement et reste aujourd'hui encore une démonstration fraîche et légère de la créativité expérimentale des années 1990.
L'accueil de l'époque fut très favorable ; le jeu devint l'une des vitrines de la première PlayStation et eut droit à une suite, Jumping Flash! 2. Par son approche de la navigation spatiale et sa caméra subjective, il annonçait de futures expérimentations du genre et reste apprécié aussi bien des collectionneurs que des historiens du jeu vidéo. En tant que l'un des rares titres à la première personne à avoir osé un rythme de plateforme plutôt que de tir, il s'est aussi forgé une réputation d'expérience curieuse mais fonctionnelle. Aujourd'hui, il témoigne surtout à quel point les créateurs du milieu des années 1990 tâtonnaient encore pour explorer les possibilités offertes par la nouvelle 3D, et constitue une démonstration agréable et sans prétention de la créativité des débuts des consoles.
Pourquoi y jouer : Pour sa caméra subjective et son rythme de plateforme plutôt que de tir — une démonstration fonctionnelle et, encore aujourd'hui, agréablement sans prétention de la créativité des débuts des consoles.
Jeu 117 sur 215 pour Sony PlayStation