Outlast
Outlast est une expérience d'horreur pure et dure dans laquelle le joueur, en tant que journaliste, s'introduit dans un asile psychiatrique isolé sur la foi d'un tuyau anonyme et découvre très vite que quelque chose d'épouvantable s'y est produit. Il n'a ni arme ni aide, et son seul atout est une caméra à vision nocturne, sans laquelle les couloirs sombres seraient totalement invisibles. Le jeu repose ainsi sur une équation simple : trouver un chemin, ramasser des piles, et fuir quand quelqu'un le repère avant qu'il ne le voie lui-même.
Le gameplay repose sur la course, le franchissement d'obstacles, le passage par des fenêtres et la dissimulation dans des placards ou sous des lits. La caméra sert également d'enregistreur, si bien que filmer les scènes clés devient un rituel qui oblige le joueur à rester sur place quelques secondes de plus qu'il ne le voudrait. Les piles sont rares, ce qui force à ménager la vision nocturne et à tâtonner beaucoup dans le noir, maintenant le jeu dans un inconfort permanent. La progression est linéaire et plutôt courte, mais dense, et la version Xbox One gère avec fluidité les poursuites dans des espaces exigus, où l'image tremble et se floute.
L'atmosphère repose avant tout sur le son. Le souffle du joueur lui-même, des pas lointains, des chocs de portes et un bourdonnement électrique fonctionnent mieux que la plupart de ce qui est visible à l'écran, et la musique intervient plutôt comme signal d'alerte que comme accompagnement. Le jeu recourt aux sursauts faciles plus souvent que nécessaire, mais dans ses meilleurs moments, il parvient à créer une véritable panique. L'accueil de l'époque fut très favorable, et Outlast a contribué à lancer une vague de jeux d'horreur sans armes, également popularisée par les vidéos de joueurs réagissant aux sursauts. Aujourd'hui, il paraît brut et concis, ce qui est plutôt une qualité qu'un défaut. Le jeu peut se terminer en une longue soirée, ce qui lui convient bien, car la tension n'a pas le temps de s'émousser ni de se diluer. L'extension qui a suivi propose une histoire autonome dans un décor différent, que beaucoup de joueurs trouvent encore plus perturbante que l'asile d'origine. Sur Xbox One, il reste l'un des jeux d'horreur les plus efficaces à lancer sans longue préparation.
Jeu 84 sur 204 pour Xbox One