No More Heroes 2: Desperate Struggle
No More Heroes 2: Desperate Struggle ramène Travis Touchdown dans la ville de Santa Destroy, cette fois pour une raison personnelle. Après la mort d'un proche, il se relance dans le classement des tueurs à gages, sauf qu'il repart cette fois d'aux alentours de la cinquantième place, de sorte que le chemin vers le sommet est plus long et jalonné de rivaux tout aussi loufoques que dans le premier épisode. Le jeu conserve son ton volontairement outrancier, alternant parodie des clichés vidéoludiques et moments d'un pathos sincère, et n'hésite jamais à saper sa propre chute par une blague avant même de l'avoir terminée.
Le système de combat reste bâti autour du katana laser, de coups rapides et de gestes à la manette permettant d'achever des combinaisons ou de projeter les adversaires par-dessus l'épaule. La nouveauté est la possibilité d'incarner deux autres personnages au style différent, si bien que le rythme change d'un chapitre à l'autre, et Travis lui-même dispose désormais de davantage d'épées ainsi que de la capacité à basculer en mode enragé. Le plus grand changement est structurel : les fastidieux déplacements dans la ville ouverte ont disparu au profit d'une carte simple, tandis que les petits boulots pour gagner de l'argent se sont transformés en charmants mini-jeux en huit bits qui semblent tout droit sortis de l'ère NES.
Sur le plan technique, il s'agit de l'un des jeux d'action les plus réussis visuellement sur la console. La stylisation façon bande dessinée aux contours marqués, les effets pixelisés lors des impacts et la fluidité maintenue même avec davantage d'ennemis à l'écran donnent l'impression que la console a repris son souffle à plein régime. La bande-son compte parmi les meilleures jamais entendues dans un jeu d'action, car elle combine des thèmes grandiloquents à de l'électronique et accompagne même les scènes les plus absurdes avec un sérieux total. Les critiques furent largement favorables, et de nombreux journalistes ont jugé le jeu meilleur et plus resserré que l'épisode original. Il est aujourd'hui encore considéré comme l'un des sommets de ce que la Wii pouvait offrir en dehors de l'offre familiale. Le joueur qui connaît le premier épisode appréciera la multitude de références et de clins d'œil internes, mais le nouveau venu ne manquera rien d'essentiel, le jeu se suffisant à lui-même grâce à sa propre intrigue. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il est souvent recommandé comme première rencontre avec le travail de ce studio.
Jeu 48 sur 140 pour Nintendo Wii